Le dernier musée, Brion Gysin
Rétrospective au MAM Paris
Avec Le dernier musée, le Musée d’Art Moderne de Paris consacre enfin une rétrospective d’ampleur à Brion Gysin, figure aussi influente que longtemps marginalisée. L’exposition rassemble plus de 140 œuvres et retrace un parcours qui traverse les avant-gardes du XXe siècle sans jamais s’y fixer.
Peintre, poète, performeur, inventeur du cut-up et de la Dreamachine, Gysin échappe à toute catégorisation. Son travail se construit dans les interstices, entre écriture et image, entre hasard et structure, entre expérimentation et transe. Cette position périphérique constitue à la fois sa force et une forme de limite, qui explique en partie sa relative invisibilité.
Le parcours adopte une structure thématique plutôt que chronologique. Rêver, voyager, permuter, jouer, ensorceler, révéler. Nous comprenons que cette organisation cherche à rendre lisible une œuvre profondément transversale. Elle permet d’en saisir les logiques internes, mais elle produit aussi un certain éclatement.
Le cœur du projet réside dans le cut-up, technique de fragmentation et de recomposition qui irrigue toute son œuvre. Nous voyons ici comment Gysin introduit le hasard comme moteur, ouvrant la voie à des pratiques aujourd’hui largement diffusées, du sampling à certaines formes d’art génératif. La Dreamachine radicalise cette approche en déplaçant l’expérience du côté de la perception elle-même.
Pourquoi faut-il y aller ? Parce que cette rétrospective ne simplifie rien. Vagabond assume ici sa lecture : l’exposition est exigeante, parfois dense au point de tenir le visiteur à distance. Mais c’est précisément cette complexité qui rend Gysin pertinent aujourd’hui. Dans un paysage où les hybridations sont devenues la norme, son travail apparaît moins comme une archive que comme un point d’origine.
Exposition Brion Gysin, Le dernier musée
du 10 avril au 12 juillet 2026
Musée d’Art Moderne de Paris
11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris
Plus d’informations : https://www.mam.paris.fr


